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03/06/2010
RAMA : Bonjour Olivier, peux-tu nous présenter l’association Plateforme en quelques mots ?
Depuis quand existe-t-elle ? Comment et pourquoi a-t-elle vu le jour ?
OR: Je suis le président de l’association Plateforme, association à but non lucratif qui a pour objet d’accompagner juridiquement les artistes et les auteurs. Nous avons créé cette association il y a un peu moins d’un an suite au constat de la déstructuration de la profession d’artiste, et d’un défaut de contractualisation dans le domaine culturel.
En effet, avocat de profession, et baigné dans la culture depuis mon enfance, j’ai pu observer une dégradation de la profession d’artiste. Les conditions de l'exercice de cette activité deviennent déplorables. Les acteurs se marginalisent, alors que l’Art, pris dans son sens générique, constitue le chaînon essentiel de la civilisation, par la prise de conscience qu’il offre. Par voie de conséquence, l'Art devrait être un maillon fondamental de l’économie.
Les pouvoirs publics, face à un capitalisme qui s’essouffle, se sont rendus compte que l’art pouvait être une bouée de sauvetage ; c’est ainsi que le concept d’Economie Créative est apparu en France, concept qui ne fait que reprendre une réalité, à savoir qu’un pays ne peut pas se développer sans la Création Artistique.
Pour que les artistes puissent remplir cette mission, il est indispensable de leur donner les moyens nécessaires pour la réalisation de cet objectif.
Or, le secteur des arts plastiques est particulièrement touché par ce problème .
C’est pourquoi le conseil général a organisé les rencontres interprofessionnelles des arts plastiques, les R.I.A.P., afin de poser officiellement les problématiques de la Création Artistique en AQUITAINE ; de nombreux débats se déroulent actuellement, avec quelques initiatives concrètes.
Il nous semble pour notre part que si l’intervention des pouvoirs publics est indispensable afin de valoriser la profession d’artiste, elle n’est toutefois pas suffisante. Il faut également que cette attention à l’Art soit relayée par la société civile ; c’est la raison pour laquelle nous avons créé l’association Plateforme afin de répondre aux besoins des artistes en intervenant dans leur accompagnement juridique.
RAMA : L’association oeuvre sur l’approche juridique de la création artistique, peux-tu nous présenter ses principales missions ?
OR : On oublie que le droit est une science humaine, et qu’il est aussi un outil pour réaliser ses ambitions. On a trop souvent le sentiment, à tort, que le droit est rigide et n’a comme seul et unique rôle de censurer la Création Artistique, alors que le droit n’est ni une contrainte, ni un frein lorsqu’il est bien maîtrisé, il est un moyen de sécuriser une activité dans des relations économiques.
C’est pourquoi, il est indispensable d’avoir une approche juridique de la Création Artistique.
Plateforme a ainsi mis en place un accompagnement juridique sous deux angles.
Le premier consiste à permettre aux artistes de se structurer fiscalement et socialement en fonction de leur projet artistique et surtout de leur personnalité. Le second permet aux artistes de contractualiser leurs relations professionnelles leur permettant d’une part de prévenir autant que possible un litige, ou tout moins de le régler amiablement et non pas devant les tribunaux, et d’autre part asseoir légitimement et légalement la rémunération de leurs œuvres.
Concrètement, Plateforme met à la disposition des artistes, des juristes et avocats qui les suivent dans leur projet culturel, d’une part en les structurant fiscalement et socialement, voire à effectuer les démarches administratives pour leur compte, et d’autre part en contractualisant leur projet, par la rédaction de courriers et de contrats, et par la compréhension et la gestion de leurs droits d’auteur.
Nous avons donc mis en place cette mission dans deux secteurs : celui des musiques actuelles, et celui des arts plastiques, étant ici précisé que cette mission va au-delà de ces deux secteurs puisque nous accompagnons aussi des écrivains, des compagnies de théâtre…
Concernant le secteur de la musique, nous avons créé des partenariats avec le RAMA, réseau aquitain des musiques actuelles, le KRAKATOA et DOGMAZIC.
Concernant le secteur des arts plastiques, nous avons mis en place des permanences juridiques en partenariat avec l’ESPACE 29 et POLA.
RAMA : L’association existe depuis un an, quels objectifs vises-tu pour l’année prochaine ?
OR : L’objectif est la prise de conscience chez les artistes de la nécessité d’avoir une approche juridique, et économique de leur création artistique, et ce dès le début de leur activité. Il ne s’agit pas, pour l’artiste, d’accumuler des connaissances juridiques, mais qu’il ait des réflexes de professionnalisation et que, par conséquent, il s’ouvre à la structuration de son activité et à la contractualisation de son projet en s’adressant directement à des professionnels .
C’est pourquoi, nous mettons en place des formations qui permettront de faire prendre conscience aux artistes de l’importance de leur travail dans la vie économique, et ainsi de la nécessité de cadrer juridiquement ce travail, et ce pendant leur professionnalisation mais aussi dès leur apprentissage au sein des écoles.
Plus de renseignements :
Site : www.pajda.fr
Mail : plateforme@pajda.fr
Tél : 06 72 09 76 79
Adresse : c/o RAMA, 95 avenue Alexis Capelle, 33 130 Bègles
Ortéga Floriane